Employeurs Chercheurs d'emplois À propos Actualités Contactez-nous
 
   
 
 
Groupe Perspective Chercheurs inscription
 
 
  hélice Actualités RH
 
 
   


Bilingues, Trilingues, ils gagnent plus !

Une hausse de 1% des habiletés de lecture d’une population entraîne en moyenne un accroissement de 2,5 % de sa productivité ; 945000 PME européennes ratent des occasions d’exporter à cause de leur incapacité à communiquer efficacement en anglais et en d’autres langues étrangères ; et au Québec, les hommes francophones très qualifiés gagnent 18 % de plus quand ils sont trilingues plutôt que simplement bilingues.

Pour les membres du Comité Québec multilingue, un comité de la Chambre de commerce de Québec (www.quebecmultilingue.com), ces quelques chiffres montrent que les questions de langue sont aujourd’hui trop stratégiques pour être laissées aux seuls linguistes ou sociologues. Il faut que l’ensemble des acteurs politiques, sociaux et économiques de la région prennent conscience des nouveaux enjeux linguistiques et s’en saisissent.

D’abord un bon français

Premièrement, les Québécois devront améliorer la maîtrise qu’ils ont de leur langue première et s’efforcer de rapidement franciser les nouveaux venus qui s’installent dans la région. En effet, le Québec compte une proportion nettement plus faible (14 %) d’habitants capables de comprendre les textes complexes produits dans l’économie du savoir que l’Alberta (23 %) ou la Colombie-Britannique (26 %).
En outre, il est clair que la connaissance du français améliore la probabilité que les anglophones ou les allophones de la région y trouvent un emploi satisfaisant et y demeurent.

Ensuite, plus d’anglais

Deuxièmement, la région devra veiller à favoriser l’agrandissement du bassin de travailleurs capables d’utiliser l’anglais. En effet, selon une étude récente commandée par le Comité Québec multilingue, 40 % des entreprises interrogées dans la ville de Québec et dans la MRC de Portneuf emploient des personnes qui ont «besoin de maîtriser une langue seconde dans le cadre de leur travail» - l’anglais, 9 fois sur 10. En particulier, 65 % des postes offerts par les organismes du Parc technologique requièrent des candidats une connaissance moyenne à parfaite de l’anglais.

Malheureusement, les actes d’un colloque organisé par la Commission de la capitale nationale nous apprennent que «les cours d’anglais donnés à l’école n’assurent pas une maîtrise suffisante pour le marché du travail et ne donnent pas (aux étudiants) l’aisance linguistique et culturelle nécessaire». En outre, selon l’étude du Comité Québec multilingue, seulement 11% des entreprises de Québec offrent à leurs employés la possibilité de suivre une formation en langue anglaise.

L’espagnol, le chinois

Troisièmement, la région devra s’assurer de développer son expertise en d’autres langues. Il serait notamment intéressant d’accroître le nombre de Québécois à l’aise en espagnol, une langue aujourd’hui parlée par quelque 300 millions de personnes, dont, aux États-Unis, plus de 30 millions de consommateurs et 1,6 million de propriétaires d’entreprises. Le chinois devrait aussi être sur les radars.

Parler de langue n’est jamais simple au Québec. Pourtant, il serait important d’intensifier nos efforts de soutien au multilinguisme, comme d’autres régions ou pays ont commencé à le faire.
Par exemple, Montréal peut désormais compter sur HEC-Montréal pour former une partie des gestionnaires polyglottes dont elle aura besoin dans les années à venir ; l’école prévoyait accueillir 20 étudiants dans son nouveau bac en administration trilingue (français, anglais et espagnol), mais en a finalement reçu plus de 110. En Belgique, la région wallonne a décidé de consacrer 15 millions d’euros par an au renforcement de ses efforts de formation aux langues étrangères. En Chine, les élèves de certaines régions rurales commencent maintenant à apprendre l’anglais intensivement dès la première ou la troisième année.

C’est au tour de la grande région de Québec de passer à l’action. Quatre cents ans après l’arrivée de Champlain, il est temps pour nous de prendre le virage de la diversité et du multilinguisme.

Marcel Bérubé, président du Comité Québec multilingue
Le Soleil, vendredi 7 septembre 07

Haut de page

Retour à la liste des actualités



 

W3C Groupe Perspective . Droits réservés © 05/2008
Conception : Logik Multimédia, une division d'Image de Mark inc.